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"Il faudrait toujours être légèrement improbable" [Oscar Wilde]

"Il faudrait toujours être légèrement improbable"  [Oscar Wilde]
Last Train Home. Again. A m'en rendre sourde, évidemment. Au moins un millier de choses. Et à peine un millième des mots qu'il faudrait pour les exprimer. Essayons d'être clairs.
Une rentrée, en HKB, soit la classe d'hypokhâgne du lycée Jeanne d'Arc.
Quarante et un nouveaux camarades, et une soirée d'intégration plus tard, je parviens à retenir certains prénoms.
Des profs, allant de Mister V. sadique et arbitraire à souhait, à M. B. délirant et passionnant ( "vous avez de la chance, en ce jour merveilleux de devoir sur table a lieu la technoparade, vous kiffez hein?!").
Et puis, voilà. Advienne que pourra. Bien que je crains qu'il n'advienne rien d'autre que ma mort sociale, voire ma mort pure et simple - tu as déjà passé tout un dimanche à essayer de traduire "je ne pus réfréner l'envie de savourer la vague de jouissance qui montait en moi" en allemand, à te demander si la France était encore un acteur de l'espace mondial et à essayer de retenir plus de deux cent mots allemands et puis quelques autres en anglais, pour finir par te rendre compte que tu n'as toujours pas lu le livre que le prof d'histoire t'a donné pour ta khôlle qui arrive dans une semaine. Non? Et bien, tu as bien de la chance. Et le pire, c'est qu'on y retourne joyeusement. Argh. Trêve de plaintes, j'ai choisi, comme dirait l'autre. Si j'avais su...
Il se trouve en plus que je suis une handicapée des sentiments. Et cela, ce sont quelques soirées et quelques moments passés avec elles et eux qui me l'ont fait comprendre. Cec à Strasbourg (tu me manques beaucoup, si si), Mimi au Havre, Ju à Potsdam, Morgane et Tiphaine à Paris, d'autres ailleurs. Heureusement, il y en ait qui reste. Heureusement...Mais j'ai dû oublier de vous dire que vous me manquez et que je vous aime. Si, si. [Message personnel, que je n'arrive pas à faire passer autrement. Pourrais-tu avoir l'amabilité d'arrêter de me prendre pour une conne et me dire enfin en face que tu ne veux plus me voir? C'est toujours plus efficace et moins douloureux que la technique "je-t-apelle-ce-soir-mais-j'le-fais pas-niark". Enfin bref.]
Sentiment d'abandon, sensation de flou. Qu'est ce que je fous là serait une bonne question à me poser. Grande illusion de ma part, j'ai l'impression que tout ceci n'est que temporaire et que dans quelques semaines on se retrouvera tous gaiement à Flaubert, en se foutant bien de tout ce qui a pu nous arriver depuis notre départ. Mais, nous avons grandi. J'ai grandi, malgré moi d'ailleurs. Et j'en suis profondément malheureuse. Bien qu'il n'y ait pas que cela qui contribue à mon état semi comateux semi je-m'en-fous-de-tout-et-même-du-prof-d'histoire-sadique. Je ne suis pas à ma place. J'en suis profondément convaincue. Mais je continue, joyeusement. Hu hu.
Et puis il y a Toi. Toi qui me prouve encore que je suis sacrément nulle pour exprimer ce que je ressens et pour prendre soin de ceux que j'aime. Je n'ai pas dû tant grandir que ça finalement. Et pourtant je T'aime. Ce qui me semble douloureux parfois. Mais qui me rend totalement heureuse. "Bouge pas C'est ma place à moi Mon abri, mon toit J'habite tes bras Là où me caressent tes doigts."
Envie de tellement de choses. Mais pas de me lever demain matin. Ha ha. Envie de filer chez Léa et de continuer à broder tout en conversant comme deux petites vieilles. De passer chez Gaëlla et de lui montrer que je suis peut-être davantage stressée mais toujours autant attachée à elle. De me réfugier dans Ses bras. Juste un peu. De me plonger dans d'autres livres que 1958, le retour de De Gaulle ou Les mots. De jouer le Tunnel d'or à la guitare, parce qu'elle est jolie. De vivre. Et d'arrêter de déblatérer des idioties...

Pix: un bout de vacances, et Lui.

"Il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur..."

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 15:30

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 15:51

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